Les Vagues

(English below)

“Let me pull myself out of these waters. But they heap themselves on me; they sweep me between their great shoulders; I am turned; I am tumbled; I am stretched, among these long lights, these long waves, these endless paths, with people pursuing, pursuing.” 
― Virginia WoolfThe Waves, 1931.

Ce sont mille passages des Vagues que je pourrais citer ici en miroir des semaines qui viennent de s’écouler. J’ai connu d’étranges heures de solitude dans des dortoirs déserts, j’ai échangé des bouts de vie avec des voyageurs dans des mots étrangers qui pour nous faisaient sens, j’ai atteint les frontières du langage dans le silence d’un regard et d’un sourire, j’ai beaucoup marché, j’ai beaucoup pensé, un nombre impressionnant de grains de sable s’est accumulé dans mes chaussures et surtout – surtout – les vagues n’ont cessé de déferler.

Avec mes pieds et les bus pour seuls moyens de locomotion, j’appréhendais un peu l’exploration de l’Algarve et de l’Alentejo. En réalité, il est très facile de se déplacer sans voiture dans ce coin très vert et rural du Portugal. Aljezur, Odemira, Vila Nova de Milfontes, Porto Covo…L’océan n’est jamais très loin, le soleil cligne derrière un nuage, les formes et les couleurs surprenantes des minéraux et des végétaux se combinent au puissant rythme des vagues : j’ai l’impression de sillonner les courbes d’un géant endormi. Lorsque je me lance sur le Fisherman’s Trail, un sentier qui relie les villes cotières le long des falaises, je me promets de revenir un jour pour l’explorer de long en large. En plusieurs heures de pérégrination, seules deux ou trois cigognes pointent timidement le bout de leur bec.

La sublime plage de Mil Fontes comme point de départ du Fisherman’s Trail

La vue depuis le Fisherman’s Trail qui promet de belles heures de contemplation

Des kilomètres de sable bordés de plantes océaniques un peu étranges

L’un des phénomènes les plus surprenants que j’ai rencontré sur mon chemin se trouve à quelques kilomètres d’Aljezur. Je n’avais encore jamais vu l’embouchure d’un court d’eau sans aménagement humain qui en modifie la trajectoire. Comme moi,vous serez peut etre étonnés d’apprendre qu’une rivière ne se « jette » pas dans l’océan comme on nous l’enseigne naivement à l’école. C’est une rencontre, belle et subtile. La Ribeira de Aljezur se mue en petit lac et de temps à autre, imperceptible et soudaine, une vague vient enrober son contour. Le lourd silence contraste avec le grondement lointain des vagues atténué par les dunes. Je m’attarde malgré les gouttes de pluie qui troublent l’irréalité du moment.

A cet instant, je me sens un peu comme le héros d’Interstellar…(en moins déséspérée)

La raison pour laquelle j’aime tant le Portugal, c’est cette fascinante dualité qui me frappe à chaque nouveau lieu que je visite : des paysages magnifiques, des maisons colorées bordées par une végétation luxuriante, mais aussi des déchets et des carcasses d’anciennes demeures qui pourrissent lentement. A l’image de beaucoup de villes littorales du Portugal, Sines a deux visages : elle est charmante, intriguante…et en ruine. J’ai eu beaucoup de mal à m’en extirper à pieds pour aller jeter un oeil à la plage au nord de la ville. Les plate-formes pétrolières empechent tout passage le long de l’océan et il faut franchir une autoroute et une zone commerciale avant de retrouver la campagne et atteindre enfin la plage. Il est grand temps de mettre le cap sur le nord! 

Sines aux deux visages : ville natale de Vasco de Gama et port bordé de plate-formes pétrolières

Habitées ou délaissées ? on ne sait pas trop.

Un bel échantillon de pétrole déguisé

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“Let me pull myself out of these waters. But they heap themselves on me; they sweep me between their great shoulders; I am turned; I am tumbled; I am stretched, among these long lights, these long waves, these endless paths, with people pursuing, pursuing.” 
― Virginia WoolfThe Waves, 1931.

There are a thousand quotes from The Waves I could start this article with, as a reflection of the previous weeks. I have known strange hours of solitude in empty dormitories, I have shared living stories with travelers in foreign words which made sense for both of us, I have reached the limit of language in the silence of a glimpse and smile, I have walked a lot, I have thought a lot, an impressive amount of sand has stuck in my shoes, the waves have relentlessly broken over and over again.

Since I only have my feet and buses as transportation, I was not sure about how I would find my way through Algarve and Alentejo. Actually it was pretty easy to travel without a car through this green and rural area of Portugal. Aljezur, Odemira, Vila Nova de Mil Fontes, Porto Covo…The ocean is always nearby, the sun blinks behind a cloud, the surprising shapes and colors of rocks and plants together with the powerful pace of waves give me the feeling to crowl over the body of a sleepy giant. When I start walking on the Fisherman’s Trail, I ask my future self to come back and explore further more. In a few hours wandering around, only a couple of shy storks shows their flying silhouettes.

One of the most suprising things I have been given to witness is located a few miles away from Aljezur. I have never seen before a natural untouched river mouth. You might be as surprised as I was to learn that a river does not actually « flow » into the ocean as we were ingenuously taught at school.It is an encounter, beautiful and subtle. The Ribeira de Aljezur changes into a small lake and from tim to time a wave, both unsconpicuous and sudden, coats its bank. The heavy silence contrasts with the distant rumbling of waves behind the sand-hills. I linger despite the raindrops which disturb the unreal of the moment.

The reason why I love Portugal so much lies in this fascinating duality which strikes me each time I visit a new place : gorgeous landscapes, colorful houses edged by a wealthy nature, but also garbages and rotten corpses of ancient houses. Like many littoral Portuguese cities, Sines has two faces to me : intriguingly charming…and ramshackle. It was pretty hard to pull myself out of its two harbour arms since the town is surrounded by two offshore platforms. I had to cross a highway and a shopping district before reaching the countryside and the northern beach. Time to head North now!

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