I Can’t Stand the Rain

La pluie au Portugal, c’est un peu comme la neige à Paris : les gens n’ont pas l’habitude, ils n’aiment pas ça et ils n’y sont pas préparés, meme au beau milieu de l’hiver. Après les émotions de la semaine précédente, j’avais besoin de calme, de soleil et d’une bonne dose de farniente. Je décide de pointer ma boussole sur Lagos, le paradis des surfers, sur la cote tout au sud. Pendant deux nuits, je profite d’un petit appartement en plein coeur de l’Alfama, le seul quartier qui ait échappé au tremblement de terre de 1755. C’est plein de petites ruelles à escalier, de maisons colorées et de notes de guitares qui s’échappent des fenetres – Bossa Nova, Fado ou Nirvana…Le cliché est absolu et je n’en perds pas une miette !

Vue du quartier de l’Alfama depuis la Portas do Sol

Mon linge sèche à la portugaise dans les rues de Lisbonne

Mardi matin, je quitte Lisbonne sous des trombes d’eau. J’ai un petit pincement au coeur en faisant avaler à la boite aux lettres les clefs de mon nid de l’Alfama mais la pluie (et le froid) m’incite à partir vite ! A bord du train, le paysage qui défile pendant 3 heures est tout embrumé. J’en profite pour piquer du nez. Arrivée à Tunes, je saute dans un second train et j’aperçois enfin les rayons du soleil déclinant sur la ligne de l’océan ; je suis fascinée par les champs d’orangers et je souris en apercevant la silhouette familière des cigognes alsaciennes qui prennent leurs quartiers d’hiver sur le haut des cheminées de briques. 

A Lagos, les palmiers bordent les routes et les cerisiers sont en fleur ! Je sais déjà que mes journées n’auront d’autres finalités que de marcher des heures sur la plage et crapahuter sur les falaises habillées de trefles. Malgré la douceur des températures qui m’évoque plus un printemps tardif qu’un mois de février, la petite ville est en pleine hibernation. Une drole d’ambiance anime les rues : les papis et mamies locales cotoient de loin les papis et mamies touristes sur des airs d’accordéon ; à chaque coin de rue, de jeunes punks allemands jouent de la guitare, vendent des babioles et font du yoga sur les falaises où ils ont installé leur campement. Toute cette joyeuse population cohabite au ralenti dans l’attente des migrations estivales et leurs touristes plus agités. Parfois j’aperçois de rares surfeurs (et quelques mamies) dans l’eau. C’est un peu étrange de visiter ce paradis en basse saison mais je me considère chanceuse. Je ne reviendrai probablement jamais dans cet endroit, encore moins en pleine tourmente estivale.Cela dit, mon séjour est à la hauteur de mes attentes : je bénéficie chaque jour d’au moins quelques heures de ciel bleu et le soleil ravageur donne à mon visage les couleurs d’une tomate bien mure.

Les environs de Lagos : de la plage et des falaises où il fait bon se promener

Mon activité préférée : ramasser des coquillages :-3

Le rose est tendance par ici

La végétation sur les falaises, étrange et fascinante

Pour l’instant, je ne peux pas aller plus loin (à moins de rejoindre l’Afrique à la nage) : je me trouve sur la cote la plus au sud du Portugal, la plus au sud de l’Europe. J’ai profité d’une journée moins venteuse pour faire un petit tour en bus jusqu’à Sagres, la pointe sud-ouest du continent. Depuis le phare, j’ai regardé en direction des Etats-Unis et puis vers le Maroc, ma prochaine escale avant le Brésil. L’horizon que je contemple est une belle promesse des destinations à venir, mélange d’excitation et de peur du vide, et ce sentiment ne cesse de m’envahir dès que mes yeux caressent la jointure bleue du ciel et de l’océan. 

Après quelques soirées avec les copains à Lisbonne et les premiers jours passées à Lagos avec une amie voyageuse, le voyage en solitaire commence vraiment cette semaine. Pour la première fois depuis bien longtemps, je me retrouve seule avec moi-meme. Je réapprends à m’écouter, j’essaye de trouver mon rythme et ce n’est pas facile tous les jours. Je fais le deuil de ma vie d’avant en prenant conscience qu’il n’y aura pas de retour au bercail, du moins pas dans le sens où on l’entend lorsque l’on part en vacances. Ma famille et les ami-e-s me manquent, mes bouquins et mes robes aussi mais ce ne sont pas des regrets que je ressens parce que je sais que partir autour du monde est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie !

2 réflexions sur “I Can’t Stand the Rain

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