« The Nature of Relations is Nature »

(English down down below)

Partir en woofing dans un éco village était un projet qui me tenait à coeur et que je gardais dans un petit coin de ma tete depuis quelques temps. Je m’interroge beaucoup sur mes habitudes de consommation et j’avais besoin de comprendre, d’observer et d’évaluer les alternatives que proposent toutes ces communautés qui choisissent un chemin plus vert et plus local, loin des rayons fous de nos déprimants supermarchés.   

Une fois dans sa vie, tout le monde devrait passer par un éco village, ne serait ce que pour ouvrir les yeux et s’apercevoir que notre attitude vis à vis de l’alimentation et des produits du quotidien n’est pas seulement dictée par l’épargne et la facilité. Nous vivons dans un monde surinvesti par les lobbies. Nous sommes aussi de plus en plus déconnectés de la réalité des conditions de productions agricoles meme lorsque l’on vit en rase campagne. La seule façon de se préserver, c’est de prendre conscience que nous restons libres de faire des choix raisonnés pour notre corps et l’équilibre des choses. C’est un combat de tous les jours que je mène d’abord avec moi meme et que je perds trop souvent. D’où ma volonté de passer à l’étape supérieure en me lançant dans ce retour à la terre.

Pour cette première expérience de woofing, je pensais avoir trouvé le lieu idéal. J’y avais passé quelques jours au printemps dernier et j’avais eu de très bons échos de la part des volontaires présents alors, pour la plupart étudiants en biologie et agronomie. Une bibliothécaire dans une ferme ? L’idée en a fait sourire plus d’un. J’ai tenté de filer la métaphore de la culture et du désherbage (c’est le terme utilisé en bibliothéconomie pour désigner l’opération de sélection des documents trop vieux, abimés, non consultés ou qui ne correspondent plus à la politique d’acquisition d’un fonds et dont on souhaite se débarrasser) mais un certain mépris se lisait clairement dans les yeux de mes interlocuteurs. Tous et toutes concernées par la sauvegarde de l’environnement, c’est un fait et sur le papier, l’éco village accueille volontiers des woofers de tout horizon. En réalité, j’ai vite compris que je serais la fille qui n’a pas l’habitude de mettre les mains dans le crottin de cheval. Je me suis donnée à fond parce que j’aimais ce que je faisais mais je sentais bien qu’on me reléguait toujours aux taches « féminines » sans jamais me demander mon avis et sans vraiment m’expliquer les valeurs et le sens de ce que nous faisions.

Comme moi, les autres volontaires ont pris petit à petit la mesure des tensions et du chaos qui régnaient dans la ferme. Prendre le temps d’accueillir les volontaires semblait futile, on nous demandait de travailler le plus vite et le mieux possible et nous ne prenions jamais part aux discussions sur les projets. Les problèmes de management, j’en viens et j’ai appris à les détecter à des kilomètres. Je ne m’attendais pas à en trouver dans un éco village qui prétend pratiquer la permaculture dans un cadre horizontal. 

Pour dénouer les frustrations des woofers, une séance de sketchnoting était nécessaire

J’ai vécu deux semaines dans la ferme et en écrivant cet article, mon intention n’est pas de blesser les personnes qui dédient leur vie et leur énergie à ce lieu. Malgré mon départ anticipée, je ne regrette pas cette expérience et j’aimerais vraiment comprendre ce qui s’est passé. A mon sens, les autres volontaires et moi sommes arrivés dans un contexte difficile. Des projets ambitieux sont en cours (nouvelle organisation en coopérative, ouveture d’un restaurant local au coeur du village) ; les formations régulières (et payantes) autour de la permaculture attirent beaucoup de participants ; l’éco village a une réelle dentité qui s’est construite remarquablement vite puisque la structure n’a que cinq ans. 

Aujourd’hui, j’ai l’impression que les bases de la communauté ne sont plus assez solides et que développer de nouveaux projets dans ces conditions génère toutes ces tensions et ce stress latent. L’urgence de donner dans l’efficacité sans accorder d’attention aux bénévoles qui aident à construire ce lieu me semble carrément contradictoire. Nous étions une dizaine de volontaires pour 4 personnes qui vivent dans l’éco village de façon permanent. Nous étions censés travailler 6 heures par jour et 6 jours par semaine. Or on dépasse largement les six heures si on compte les heures passées dans la cuisine et dans les parties communes de la maison à ranger et nettoyer, des taches auxquelles tous les membres de la communauté devraient participer.

Comme je l’ai écrit plus haut, je ne regrette pas cette expérience. Pendant deux semaines, j’ai retrouvé le plaisir de travailler au grand air, j’ai mangé de la bonne nourriture et j’ai appris à cuisiner le yacon, j’ai rencontré de belles personnes et je me suis beaucoup interrogée sur mon rapport au travail. 

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Volunteering in an eco village was one of the things I wanted to experience as soon as possible. I have been wondering a lot these days about my consummtion habits and I needed to understand, observe and value the options developped by these communities which choose a greener and less impacting path, far from the madding storages of our super depressing markets.

Once in a lifetime, everyone should spend at least a few days in an eco village, just to wake up and understand that our behaviour towards food and daily supplies is not only a matter of money saving and easiness. The world is overwhelmed by lobbies. The only way to awaken seems to lie in the awareness that we remain free to choose the best option for our bodies and for the general balance of nature. The fact that we are more and more disconnected with the reality of agriculture is appalling. This is my daily battle, mostly against myself and too often lost. Hence my wish to further try and get back to the land.

For my first woofing experience, I thought I had chosen the perfect spot. I spent a few days there in Spring 2016 and I had good feedbacks by the volunteers, who were mostly students in biology or agriculture. A librarian in a farm ? More than one laughed in my face.I tried to draw the metaphor of culture and weeding (« désherbage » in French is used in libraries and means the process of selecting the documents you agree do not belong anymore to the collections and you intend to get rid of). But I found only disdain in the eyes. Everyone should feel concerned about ecology, that’s a fact and in theory, the eco village agrees to welcome any volunteer. In reality, I quickly understood that I would remain this girl who is not used to put her hands in horse poop. I gave the best of myself because I enjoyed a lot what I was doing but I also felt that I was kept busy with « girls’ tasks » without having been asked if I was fine with it and without being given an explanation about the value and the sense of what I had to do.

The other volunteers shared these feelings of tension and pressure. Welcoming the volunteers seemed pointless and a waste of time, we were asked to work the faster the better and we were never fully integrated in discussions about the projects. I come from management issues and I can smell them from miles away. I didn’t expect such issues in an eco village pretending to live on permaculture.

I spent two weeks in the farm and by writing this article, I don’t intend to hurt the feelings of the people who dedicate their life and energy to this project. Despite having left earlier than expected, I don’t regret having stay there and I am understanding what happened. My relentless empathy drives me to believe that this situation was a matter of bad timing and unfortunate context. Ambitious projects are on the way (new settlement in cooperative, opening of a local restaurant) ; the workshops are attractive and interesting ; the eco village has a true identity drawn in a remarkably short time since the structure was built five years ago.

Today I feel like the bases of the community are not strong anymore to support new projects, which generates all these tensions and stress. The urge to be as efficient as possible and paying the less attention to the volunteers who help building this place seem highly contradictory. We were more or less ten volunteers and four permanent members. We were supposed to work six hours par day, six days a week. But we worked way more than that when we look at the time spent cooking and cleaning the common areas, tasks that any community member should feel responsible for. 

As I said, I don’t regret my time there. In two weeks, I refound the pleasure to work outside, I ate and cooked delicious food and I discovered yacon, I met the loveliest people and I wondered a lot about my relationship to work. 

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